Un film de Jim Jarmusch

Un poème intimiste en noir et blanc sur le désenchantement de l’immigration
Sélection Classiques de l’été. Redécouvrez sur grand écran certains des chefs-d’œuvre les plus influents de l’histoire du cinéma ! Couronné par la Caméra d’or au Festival de Cannes 1984, Stranger than Paradise fit sensation sur la Croisette et devint un film culte, révélant Jim Jarmusch au grand public. Une oeuvre au ton original, entre gravité, désinvolture et humour pince-sans-rire.
Eva, 16 ans, quitte la Hongrie et retrouve son cousin Willie, installé depuis 10 ans aux Etats-Unis. Inadaptés à cette terre de désillusions, ils partent de Miami découvrir le paradis de la Floride, royaume du jeu et dernier espoir d’un exil douloureux.
Jim Jarmusch nous propose, en noir et blanc, la vision iconoclaste et humoristique d’une Amérique hantée par le vide, où errent quelques paumés en mal d’identité. Une réflexion sur l’immigration, où l’espace est d’abord celui de l’écart (…) entre l’Amérique rêvée, filtrée par des mythes qui ont la vie dure, et l’Amérique trouvée, dans son incommensurable misère. D’origine libanaise, Jarmusch connaît la puissance d’attraction qu’exerce toujours l’éclat du rêve américain sur ceux qui ne se sentent plus nulle part chez eux. Il sait aussi que cet éclat ressemble fort à celui d’un miroir aux alouettes. Les divers personnages de ce film incarnent diverses manières de négocier la division culturelle que provoque l’exil. Mais pas plus Eva, arrivant de Hongrie avec pour principal bagage un magnétophone à cassettes et une chanson qui parle d’enchantement (« I put a Spell on You ») que son cousin Willy, à New York depuis dix ans, ayant tout renié de ses origines, ou leur tante Lotte qui, après toutes ces années, persiste à parler hongrois et à faire chauffer le goulasch, n’offrent de modèle d’assimilation satisfaisant. Le regard ironique, voire cynique, de Jarmusch montre l’immigration comme le prélude à une interminable migration déphasée. (Yves-Charles GRANDJEAT, Stranger Than Paradise: l’Amérique en ellipse, Caliban, n°32, 1995, p. 29)
Festival de Cannes 1984 – Caméra d’or
Tout public /
Genre : Comédie dramatique
Avec : John Lurie, Eszter Balint, Richard Edson
Nationalité : DE, US
Durée : 1h28
Disponible en : VOST
Jeu 23/07
Mar 28/07
Lun 03/08